Shinjuku Gyoen, le grand jardin national au cœur de Tokyo

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Shinjuku Gyoen, le grand jardin national de Tokyo

Shinjuku Gyoen, le grand jardin national de Tokyo
Au cœur de Tokyo, à quelques pas de l'agitation de la gare de Shinjuku, le Shinjuku Gyoen (新宿御苑) déroule ses 58,3 hectares de pelouses, d'étangs et d'allées arborées. Ancien domaine seigneurial devenu jardin impérial puis jardin national ouvert au public, il est l'un des plus beaux espaces verts de la capitale japonaise. On vient y admirer ses cerisiers au printemps, flâner entre ses trois jardins de styles différents et se réfugier sous la verdure loin du tumulte urbain.

Des origines seigneuriales à l'expérimentation agricole

L'histoire du lieu remonte à 1590, lorsque le shogun Tokugawa Ieyasu offrit ces terres à son vassal, le daimyo Naitō Kiyonari, pour y établir sa résidence d'Edo. La famille Naitō (内藤) occupa le domaine durant toute l'époque d'Edo et y aménagea en 1772 un jardin, le Tamagawa-en, alimenté par les eaux de l'aqueduc Tamagawa et parfois ouvert aux promeneurs selon les saisons.

Avec la restauration de Meiji, le site change de vocation. En 1872, le gouvernement y installe la station expérimentale de Naitō-Shinjuku, vouée à l'amélioration de l'agriculture, de l'horticulture et de l'élevage : on y cultive alors près de 3 000 variétés de fruits et de légumes. En 1879, le terrain passe sous l'autorité du ministère de la Maison impériale et devient le Jardin botanique impérial. La première grande serre chauffée du Japon y est inaugurée dès 1892, et le pavillon de repos impérial est édifié en 1896.

La création du jardin moderne

Le jardin que l'on parcourt aujourd'hui doit sa physionomie à un homme, Fukuba Hayato (福羽逸人). Agronome et horticulteur de talent au service de la Maison impériale, il s'était rendu à l'Exposition universelle de Paris en 1900 et avait étudié les jardins européens. De retour au Japon, il confia la refonte du domaine à un spécialiste français, Henri Martinet, professeur de paysagisme à l'École nationale supérieure d'horticulture de Versailles. Le plan dressé par Martinet, mêlant savoir-faire occidental et tradition japonaise, fut réalisé sur plusieurs années et achevé en 1906. Le Shinjuku Gyoen, jardin impérial, fut alors inauguré au mois de mai en présence de l'empereur Meiji.

Devenu lieu de réception et de prestige pour la cour, le jardin accueillit dès 1917 des fêtes de contemplation des cerisiers, puis de grandes expositions de chrysanthèmes en automne, deux traditions impériales que l'on perpétue encore.

Guerre, destruction et ouverture au public

En 1945, dans les derniers mois de la Seconde Guerre mondiale, les bombardements incendiaires de Tokyo ravagent presque entièrement le jardin. Seul subsiste le pavillon de style chinois, le Kyū-Goryō-tei (旧御涼亭), dit aussi Pavillon de Taïwan, offert en 1927 par la communauté taïwanaise pour célébrer le mariage du prince héritier Hirohito.

La reconstruction est entreprise après-guerre. Le 21 mai 1949, le domaine rouvre ses portes sous le nom de Shinjuku Gyoen, désormais jardin national accessible à tous. Les parterres de chrysanthèmes, interrompus pendant la guerre, sont rétablis la même année. Une nouvelle serre, la plus vaste d'Asie à son achèvement en 1958, sera plus tard remplacée par une serre écologique moderne en 2012.

Trois jardins en un

La grande originalité du Shinjuku Gyoen tient à la cohabitation harmonieuse de trois styles. Au nord s'étend le jardin à la française, dessiné selon une stricte symétrie : une longue allée de platanes encadre des parterres de roses géométriques, dans l'esprit des jardins de Versailles.

À proximité se déploie le jardin paysager à l'anglaise, vaste pelouse ondoyante parsemée d'arbres majestueux, chênes, cèdres ou tulipiers, qui invite au pique-nique et au repos. Au sud enfin, le jardin japonais traditionnel, de type promenade, organise ses étangs, ses ponts, ses îlots et ses pavillons de thé autour d'un cheminement sinueux, avec en point d'orgue le pavillon Kyū-Goryō-tei reflété dans l'eau.

Au total, le parc abrite plus de 20 000 arbres et une grande serre qui présente en permanence plus de 1 700 espèces tropicales et subtropicales, des plantes de montagne aux essences d'Okinawa et des îles Ogasawara.

Au fil des saisons

Le Shinjuku Gyoen est avant tout réputé pour ses cerisiers. Le jardin en compte environ 1 500, répartis en de nombreuses variétés qui se succèdent sur une longue période. Les premiers, les cerisiers d'hiver (kanzakura), fleurissent dès février ; viennent ensuite les célèbres Somei-yoshino fin mars, puis les cerisiers tardifs comme l'Ichiyō et le Kanzan, aux fleurs doubles, jusqu'à la fin avril. Cette diversité fait du parc l'un des meilleurs spots de hanami de Tokyo, sur une saison bien plus étendue qu'ailleurs.

L'automne n'est pas en reste, avec les expositions de chrysanthèmes en novembre et les feuillages flamboyants des érables et des ginkgos. L'été offre l'ombre généreuse des grands arbres, tandis que l'hiver dévoile les structures du jardin et les premières floraisons précoces.

Comment s'y rendre depuis la gare centrale

Le jardin se rejoint très facilement à pied depuis la gare de Shinjuku (新宿駅), l'une des plus fréquentées du monde : en sortant par la sortie sud-est (New South / Southeast Exit), comptez une dizaine de minutes de marche jusqu'à la porte de Shinjuku (Shinjuku-mon). La station Shinjuku-gyoemmae (新宿御苑前駅), sur la ligne de métro Marunouchi, dépose les visiteurs à quelques pas de cette même entrée. Côté sud, la porte de Sendagaya se situe à environ cinq minutes à pied de la gare JR Sendagaya, sur la ligne Chūō-Sōbu. Le jardin est généralement fermé le lundi et l'entrée est payante.

Sources :
• https://en.wikipedia.org/wiki/Shinjuku_Gyo-en
• https://policies.env.go.jp/national-garden/shinjukugyoen/english/intro/history/
• https://ja.wikipedia.org/wiki/新宿御苑
• https://www.japan-guide.com/e/e3034_001.html
• https://www.japan.travel/en/spot/1660/
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