La tour Tsūtenkaku, icône rétro du quartier de Shinsekai à Osaka

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La tour Tsūtenkaku, symbole de Shinsekai à Osaka

La tour Tsūtenkaku, symbole de Shinsekai à Osaka
La Tsūtenkaku (通天閣) est sans doute la silhouette la plus reconnaissable du sud d'Osaka. Plantée au cœur du quartier populaire de Shinsekai (新世界), cette tour aux allures rétro veille sur un entrelacs de ruelles bordées d'enseignes lumineuses, de restaurants de kushikatsu et de salles de jeux à l'ancienne. Son nom, que l'on peut traduire par « la tour qui mène au ciel », résume bien l'ambition de ce monument devenu, au fil des décennies, un véritable symbole d'Osaka et de la convivialité bon enfant qui caractérise la ville.

Un quartier né d'un rêve cosmopolite

Pour comprendre la Tsūtenkaku, il faut d'abord s'arrêter sur le quartier qui l'entoure. Shinsekai, dont le nom signifie littéralement « le Nouveau Monde », a vu le jour en 1912 sur un terrain laissé libre après l'Exposition nationale de l'industrie tenue à Osaka en 1903. Les urbanistes de l'époque ont imaginé un quartier de loisirs inspiré des grandes métropoles occidentales : la partie sud devait évoquer le Coney Island de New York, tandis que la partie nord s'inspirait de Paris. C'est dans cet esprit que fut érigée, la même année, la première Tsūtenkaku, pensée comme le point de mire du quartier et reliée à un parc d'attractions voisin, le Luna Park, par un téléphérique aérien.

La première tour de 1912

La tour d'origine, achevée en 1912, était un objet hybride et audacieux : sa partie supérieure imitait la tour Eiffel de Paris, tandis que sa base reprenait la forme d'un arc de triomphe. Haute de 64 mètres, elle était alors l'une des plus hautes structures d'Asie et faisait la fierté des habitants. Pendant trois décennies, elle attira les foules venues admirer Osaka depuis les hauteurs et profiter des attractions du Luna Park. Mais l'histoire de cette première tour s'acheva brutalement : en 1943, un incendie endommagea gravement la structure. Plutôt que de la restaurer, les autorités décidèrent de la démonter, et son acier fut récupéré pour l'effort de guerre. Shinsekai perdait ainsi son emblème, et le quartier entra dans une période de déclin.

La renaissance de 1956

Ce sont les habitants eux-mêmes qui, dans l'après-guerre, militèrent pour la reconstruction de leur tour. Leur souhait fut exaucé en 1956, lorsqu'une nouvelle Tsūtenkaku fut inaugurée à quelques pas de l'emplacement d'origine. Sa conception fut confiée à l'architecte Tachū Naitō (内藤多仲), surnommé le « père des tours » au Japon, à qui l'on doit également la célèbre tour de Tokyo. La structure actuelle, de forme octogonale, culmine à environ 108 mètres en comptant le paratonnerre. Bien plus qu'un simple belvédère, elle redevint immédiatement le symbole de la résilience d'un quartier qui refusait de disparaître. En 2007, la tour a été inscrite au registre des biens culturels matériels du Japon, consécration officielle de sa valeur patrimoniale.

Billiken, le dieu du bonheur aux pieds usés

Impossible d'évoquer la Tsūtenkaku sans parler de Billiken (ビリケン), sa mascotte la plus attachante. Ce petit personnage souriant, au crâne pointu et au sourire malicieux, n'est pas une divinité japonaise traditionnelle : il s'agit à l'origine d'une figurine porte-bonheur américaine, créée au début du XXe siècle et arrivée au Japon vers 1910. Une première statue de Billiken trônait au Luna Park, dans une salle qui lui était dédiée, avant de disparaître à la fermeture du parc. En 1979, une nouvelle effigie fut installée dans la tour, et le succès fut immédiat. La tradition veut que l'on frotte la plante de ses pieds pour voir ses vœux exaucés : à force, les pieds du « dieu du bonheur » sont devenus tout lisses et brillants. Billiken est aujourd'hui le personnage officiel de la Tsūtenkaku et un incontournable du quartier.

Des néons qui annoncent le temps

La Tsūtenkaku doit aussi sa réputation à son spectacle nocturne. Depuis 1957, l'entreprise Hitachi sponsorise l'éclairage de la tour, dont le sommet s'illumine chaque soir de couleurs changeantes. Pendant des décennies, ces néons ont servi de véritable bulletin météo populaire : selon les teintes affichées, les habitants pouvaient anticiper le temps du lendemain. Les couleurs évoluent aussi au fil des saisons, virant par exemple au rose tendre au moment de la floraison des cerisiers. Ce jeu de lumières, hérité de l'âge d'or des enseignes au néon, contribue largement au charme rétro et nostalgique de l'ensemble du quartier, que les habitants surnomment affectueusement le « Osaka d'autrefois ».

Ce que l'on découvre en montant

La visite de la tour ne se limite pas à la contempler depuis le bas. Plusieurs plateformes d'observation permettent d'embrasser du regard tout le sud d'Osaka. Le pont d'observation principal, situé à environ 91 mètres de hauteur, offre une vue panoramique à 360 degrés sur la ville, ses gratte-ciel et, par temps clair, les montagnes alentour. C'est là que se trouve la statue de Billiken, prise d'assaut par les visiteurs venus lui frotter les pieds. Un étage en plein air, ajouté plus récemment, permet de profiter de l'air et du paysage sans vitre. Les amateurs de sensations apprécieront aussi le toboggan installé sur la tour, qui propose une descente ludique en spirale depuis les hauteurs. À l'intérieur, divers espaces évoquent l'histoire de la tour et l'atmosphère du Shinsekai d'antan.

Une fois redescendu, le plaisir continue dans les rues environnantes. Shinsekai est en effet le berceau du kushikatsu, ces brochettes panées et frites que l'on trempe dans une sauce commune — avec une règle d'or affichée partout : interdiction de tremper deux fois ! Les enseignes colorées, les statues de Billiken un peu partout, les salles de jeux et l'ambiance populaire font de ce quartier l'un des plus authentiques et photogéniques d'Osaka.

Informations pratiques

La tour est généralement ouverte tous les jours, en journée comme en soirée, ce qui permet d'admirer aussi bien le panorama diurne que les illuminations nocturnes. L'entrée pour les plateformes d'observation est payante (de l'ordre de 1 000 à 1 500 yens selon les espaces visités), et des tarifs combinés existent pour le toboggan et le pont en plein air. Mieux vaut prévoir un peu de patience aux heures d'affluence, notamment le week-end et en soirée.

Comment s'y rendre

La station la plus proche est Ebisuchō (恵美須町), sur la ligne Sakaisuji du métro d'Osaka : la tour se trouve à environ 3 minutes de marche de la sortie. On peut également venir depuis la station Dōbutsuen-mae (動物園前), desservie par les lignes Midōsuji et Sakaisuji du métro, à quelques minutes à pied. Enfin, la gare Shin-Imamiya (新今宮), située sur la ligne circulaire JR Osaka Loop ainsi que sur les lignes Nankai, se trouve à une dizaine de minutes de marche et constitue un point d'accès pratique depuis le réseau ferroviaire de la ville. L'adresse exacte est 1-18-6 Ebisu-higashi, arrondissement de Naniwa, à Osaka.

Sources :
• https://en.wikipedia.org/wiki/Ts%C5%ABtenkaku
• https://ja.wikipedia.org/wiki/%E9%80%9A%E5%A4%A9%E9%96%A3
• https://osaka-info.jp/en/spot/tsutenkaku/
• https://www.japan.travel/en/spot/36/
• https://www.tsutenkaku.co.jp/
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